2018 — RECONSTRUCTION

hybridation /installation

JML

De la peau au cuir. Lacération ou reconstruction : De la peau au cuir revient à la peau animale, le cuir, en tant que matière opérant un processus hybride à mi-chemin entre les marques de l’Histoire et la restructuration créative. Non sans évoquer la lacération de la peau d’esclave, le tracé des lignes de découpe génère une forme de résilience en opérant des passerelles entre les stigmates du passé et leur réappropriation artistique. Avec la déstructuration de l’architecture du cuir, le tombé redessine de nouveaux contours, des courbes naturelles évocatrices de la végétation luxuriante de la mangrove. Les lignes supplantent la matière, les arrondis laissent des vides, l’espace se redéploie. On oublie l’organique pour se plonger dans la réalité protéiforme d’une forêt énigmatique et paradoxale. En revisitant la lacération, l’exploration par le geste, véritable rencontre entre la main et la matière, invite au dialogue entre passé et réparation, entre violence et reconstruction. Ainsi ces constructions ne représentent-elles pas seulement des paradoxes sculpturaux mais aussi des ouvertures vers des avenirs forcément meilleurs puisque basés sur la lucidité. D’après Franz Anton Mesmer, « la vérité est une ligne tracée entre les erreurs »